PER en 2026 : est-il encore rentable malgré la hausse des prélèvements sociaux ?

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Le taux des prélèvements sociaux sur les plus-values des PER est passé de 17,2 % à 18,6 % en 2026, et devrait encore atteindre 19,4 % l'année suivante selon la trajectoire prévue. Dans le même temps, les versements effectués après 70 ans ne donnent plus droit à la déduction fiscale depuis le 1er janvier 2026. Pour de nombreux observateurs, "l'âge d'or du PER est terminé". Mais cette lecture mérite d'être nuancée, voire contestée — car elle confond l'instrument et son usage.

Le PER reste un outil puissant pour certains profils. Pour d'autres, il est effectivement devenu sous-optimal. La différence se joue sur quelques variables précises que tout conseiller patrimonial doit maîtriser.

 

Le mécanisme de base, et ce qui a vraiment changé

Le Plan d'Épargne Retraite individuel fonctionne toujours sur le même principe : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel, l'épargne capitalise en franchise d'impôt, et la sortie est fiscalisée à l'IR pour le capital issu des versements déduits, et au PFU pour les gains.

En 2026, le plafond déductible est égal au plus élevé des deux montants suivants : 10 % des revenus professionnels de 2025, nets de cotisations sociales et de frais professionnels, avec une déduction maximale de 37 680 euros. Ce plafond est en hausse par rapport à 2025, grâce à la revalorisation du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale fixé à 48 060 euros pour 2026. Pour les travailleurs non-salariés, le plafond peut atteindre jusqu'à 88 911 euros annuels.

Autre évolution favorable en 2026 : la durée de report du plafond de déduction non utilisé est passée de 3 à 5 ans au 1er janvier 2026. Cela offre nettement plus de souplesse pour les revenus irréguliers ou les années à forte imposition. Un profil TNS qui n'a pas utilisé son plafond les années précédentes peut désormais l'exploiter sur un horizon plus large.

Ce qui a changé défavorablement : la hausse des prélèvements sociaux à la sortie, de 17,2 % à 18,6 % sur les gains. Pour un gain de 10 000 euros, ce sont 140 euros supplémentaires prélevés. Sur un encours important capitalisé sur 20 ans, l'effet de la capitalisation amplifie cet impact.

Le PER reste rentable — pour les bons profils

La vraie question n'est pas "le PER est-il encore rentable ?" mais "rentable pour qui, dans quelles conditions ?"

Pour un contribuable avec un TMI actuel de 41 % ou 45 %, chaque versement génère une économie d'impôt immédiate de 41 ou 45 centimes par euro versé. Si à la retraite ce même contribuable se retrouve à 30 % de TMI — ce qui est courant quand les revenus baissent et que la complémentaire retraite est inférieure au salaire d'activité — l'arbitrage reste très favorable. La hausse de 1,4 point de prélèvements sociaux sur les gains ne remet pas en cause cet écart de TMI, qui reste le déterminant principal de la rentabilité du PER.

Prenons un exemple concret. Un cadre supérieur en TMI à 41 %, qui verse 15 000 euros sur son PER en 2026, réalise une économie d'impôt de 6 150 euros la même année. Son effort réel d'épargne est donc de 8 850 euros. Si ces 15 000 euros capitalisent à 4 % net pendant 15 ans, ils atteignent environ 27 000 euros. La sortie en capital sur les versements sera imposée à l'IR au TMI de la retraite — disons 30 % — et les gains au PFU à 18,6 %. Même avec la hausse des prélèvements, l'opération est largement positive.

L'autre argument en faveur du PER 2026 : le report des plafonds non utilisés sur 5 ans. Pour un chef d'entreprise ou un professionnel libéral dont les revenus varient d'une année à l'autre, c'est un outil de lissage fiscal de premier ordre. Une bonne année peut justifier un versement massif qui consomme plusieurs années de plafonds accumulés.

 

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Ce que la réforme 2026 change vraiment : la logique après 70 ans

Le changement le plus structurant de 2026 concerne la déductibilité après 70 ans. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER individuel par une personne âgée d'au moins 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable.

Cela ne signifie pas qu'il faut désinvestir le PER à 70 ans, ni qu'on ne peut plus y verser. Mais la motivation principale du versement — la déduction fiscale immédiate — disparaît. Ce qui reste : la capitalisation dans un cadre de transmission, et la gestion financière de l'épargne déjà accumulée. Les sommes non liquidées à la retraite bénéficient toujours d'un régime avantageux en cas de décès avant 70 ans pour les primes versées avant cet âge.

Pour les clients entre 65 et 70 ans, c'est la fenêtre à exploiter : continuer à verser et déduire, avant que cette possibilité disparaisse. Pour les clients déjà à 70 ans, la stratégie se déplace vers d'autres enveloppes — assurance-vie en priorité.

 

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PER vs. assurance-vie : complémentarité, pas opposition

La tentation est de poser la question en termes de choix. C'est une erreur de cadrage. Ces deux enveloppes ne s'opposent pas — elles répondent à des logiques différentes qui se complètent.

Le PER maximise l'avantage fiscal à l'entrée. Il est structurellement pertinent pour les profils à forte TMI en activité, avec un horizon de retraite supérieur à 5 ans. L'assurance-vie offre une flexibilité totale, une fiscalité allégée à la sortie après 8 ans, et des prélèvements sociaux stabilisés à 17,2 % en 2026 — contrairement au PER dont les prélèvements sociaux sur les gains augmentent.

La stratégie optimale pour un profil à TMI élevé : alimenter le PER jusqu'au plafond de déductibilité chaque année pour maximiser la déduction, et orienter le surplus d'épargne vers une assurance-vie bien structurée. Ces deux enveloppes, combinées, couvrent l'ensemble du spectre patrimonial : optimisation fiscale immédiate via le PER, capitalisation flexible et transmission via l'assurance-vie.

 

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Les cas où le PER est clairement contre-indiqué

Malgré ses atouts, le PER ne convient pas à tous les profils. Quand le TMI actuel est inférieur à 11 %, l'avantage fiscal est quasi nul. Quand la retraite est à moins de 3 ans, l'horizon de capitalisation est insuffisant pour amortir la fiscalité à la sortie. Quand le contribuable anticipe un TMI élevé à la retraite — revenus fonciers importants, rente élevée, revenus complémentaires significatifs — l'arbitrage temporel ne joue plus en faveur du PER. Enfin, pour tout profil ayant besoin de liquidités à moyen terme, le PER bloque les fonds jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.

 

Aucun investissement n’est garanti sans risques. Chaque investissement comporte des risques spécifiques (fluctuations des marchés financiers, risque de change, risque de liquidité, risque de perte en capital partielle ou totale, risques liés au marché immobilier – liste non exhaustive).
Chaque investissement a une durée de détention recommandée ; l’attention de l’investisseur est attirée sur le fait de bien vérifier l’adéquation de cette durée avec ses objectifs et sa situation.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement. Les avantages fiscaux ne doivent pas constituer la seule motivation d’un investissement.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Article publié le 27 Avril 2026
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