Plan épargne dépendance : ce nouveau placement pourrait-il compléter le PER ?

5 min. de lecture

Après le Plan d'épargne retraite (PER), bientôt le Plan épargne dépendance (PED) ? C'est la proposition portée par la députée Olivia Grégoire dans un rapport remis au Premier ministre à l'automne 2026. L'objectif : permettre aux Français de continuer à faire fructifier leur épargne après leur départ à la retraite, tout en anticipant les dépenses liées à une éventuelle perte d'autonomie. Ce nouveau placement, qui pourrait bénéficier d'avantages fiscaux comparables à ceux du PER, serait toutefois soumis à une contrainte importante : un blocage des fonds pendant 10 à 15 ans. Comment fonctionnerait ce dispositif et quels seraient ses avantages et ses risques pour les épargnants ?

 

Qu'est-ce que le Plan épargne dépendance ?

Le Plan épargne dépendance (PED) est un nouveau produit d'épargne envisagé pour aider les retraités à financer les dépenses susceptibles de survenir en cas de perte d'autonomie.

Cette proposition figure parmi les 26 mesures présentées par Olivia Grégoire, députée Renaissance et ancienne ministre, dans un rapport consacré à la croissance et à la transmission des très petites, petites et moyennes entreprises.

L'idée repose sur un constat : si les Français disposent de plusieurs dispositifs pour préparer financièrement leur retraite, ils anticipent encore insuffisamment les dépenses liées au grand âge.

Or, avec l'allongement de l'espérance de vie, la question de la dépendance devient un enjeu patrimonial majeur. Le maintien à domicile, les services d'aide à la personne ou l'hébergement en établissement spécialisé peuvent représenter des dépenses importantes, parfois difficiles à absorber avec une pension de retraite.

Le PED aurait donc vocation à constituer une réserve financière mobilisable plus tard dans la vie, en complément des revenus habituels du retraité.

Mais contrairement à une assurance dépendance classique, qui repose sur une couverture contractuelle du risque, ce nouveau dispositif fonctionnerait principalement comme un placement financier de long terme.

Il est enfin arrivé, LE meilleur PER du marché
Je calcule ma réduction d'impôts
Jusqu'à 45% réduction d'impôts

Comment fonctionnerait ce nouveau produit d'épargne ?

Un prolongement du Plan d'épargne retraite

Le fonctionnement envisagé s'inspire directement du Plan d'épargne retraite (PER), créé dans le cadre de la loi Pacte de 2019.

Aujourd'hui, le PER permet d'accumuler progressivement une épargne pendant sa vie active, généralement indisponible jusqu'à la retraite, sauf exceptions prévues par la réglementation.

Une fois à la retraite, le titulaire peut notamment récupérer son épargne sous forme de capital, de rente ou d'une combinaison des deux, selon la nature de ses droits.

Avec le Plan épargne dépendance, une nouvelle possibilité serait offerte : transférer tout ou partie du capital issu du PER vers une enveloppe destinée à financer les besoins du grand âge.

L'épargnant pourrait ainsi prolonger son horizon d'investissement au-delà de son départ à la retraite, plutôt que de récupérer immédiatement l'intégralité des sommes accumulées.

Une épargne bloquée pendant 10 à 15 ans

La principale particularité du PED résiderait dans sa durée d'immobilisation.

Selon les orientations présentées, les capitaux transférés seraient bloqués pendant une période de 10 à 15 ans, correspondant approximativement à une phase comprise entre 65 ans et 75 ou 80 ans.

Prenons l'exemple d'un retraité de 65 ans disposant de 100 000 euros sur son PER. Il pourrait décider d'en conserver 70 000 euros pour financer ses projets et ses dépenses courantes, puis d'affecter les 30 000 euros restants à un PED.

Cette seconde enveloppe continuerait à être investie dans l'objectif de constituer une réserve financière pour les années suivantes.

Il s'agit toutefois d'un exemple théorique : les règles précises de transfert, de fiscalité et de déblocage anticipé restent à définir.

Cette immobilisation pourrait notamment soulever une difficulté si le retraité devait faire face à des dépenses imprévues avant l'échéance.

 

Prendre un rendez-vous

 

Quelle fiscalité pour le Plan épargne dépendance ?

L'un des principaux arguments avancés en faveur du PED concerne son traitement fiscal.

La proposition prévoit de lui accorder des avantages fiscaux similaires à ceux du PER, afin d'encourager les Français à conserver une partie de leur épargne sur le long terme.

Pour rappel, le PER permet, sous conditions et dans la limite des plafonds applicables, de déduire les versements volontaires de son revenu imposable.

Un contribuable imposé dans la tranche marginale à 30 % peut ainsi obtenir une économie d'impôt de 3 000 euros en réalisant un versement déductible de 10 000 euros, à condition de disposer d'un plafond suffisant. Cette économie à l'entrée doit néanmoins être appréciée au regard de la fiscalité applicable à la sortie.

Dans le cas du PED, plusieurs interrogations demeurent.

Le transfert depuis un PER serait-il fiscalement neutre ? Les nouveaux versements seraient-ils déductibles ? Quelle fiscalité s'appliquerait lors de la récupération du capital ? Un retrait anticipé pour financer une situation de dépendance serait-il autorisé ?

Aucune de ces modalités n'est définitivement arrêtée à ce stade.

Il serait donc prématuré d'affirmer que le PED offrirait exactement les mêmes économies d'impôt que le PER actuel.

 

#Investir

Découvrez comment PRÉPARER VOTRE RETRAITE.

Démarrez votre simulation

 

Pourquoi ce nouveau placement financerait-il également les PME ?

Le Plan épargne dépendance ne répondrait pas uniquement à un objectif de protection patrimoniale.

Il poursuivrait également une ambition économique : orienter davantage l'épargne des Français vers le financement à long terme des petites et moyennes entreprises.

Mobiliser l'épargne des retraités sur une durée plus longue

Lorsqu'un épargnant liquide son PER, il peut choisir de réorienter son capital vers des supports plus liquides ou moins risqués.

Selon les auteurs du rapport, cette évolution peut réduire la quantité de capitaux durablement disponibles pour financer les entreprises.

Le PED chercherait à prolonger cette période d'investissement en orientant prioritairement les sommes collectées vers des PME cotées ou non cotées.

Ces entreprises pourraient ainsi bénéficier de ressources financières plus stables pour accompagner leur développement, leurs investissements ou leur transmission.

Des perspectives de rendement, mais aussi des risques

Cette orientation vers l'économie productive implique néanmoins des risques spécifiques.

Les investissements dans les PME, particulièrement lorsqu'elles ne sont pas cotées en Bourse, présentent un risque de perte en capital et une liquidité parfois limitée.

La valeur des participations peut évoluer fortement et leur revente peut nécessiter du temps.

Cette caractéristique mérite une attention particulière pour des retraités dont les besoins financiers peuvent devenir plus importants avec l'âge.

Le rapport évoque ainsi la possibilité d'une sécurisation progressive des investissements à l'approche de l'échéance, afin de réduire l'exposition aux actifs risqués.

Toutefois, aucun mécanisme précis de garantie du capital n'est actuellement défini.

 

Prendre un rendez-vous

 

Le Plan épargne dépendance est-il vraiment adapté aux besoins des retraités ?

Sur le principe, le PED répond à une problématique bien réelle : la préparation financière de la perte d'autonomie.

Pour les ménages disposant d'une épargne suffisante, il pourrait constituer un outil supplémentaire de diversification et de planification patrimoniale.

Mais son fonctionnement soulève plusieurs questions.

La première concerne la disponibilité de l'épargne. Une personne âgée peut avoir besoin de financer des dépenses médicales, des travaux d'adaptation de son logement ou une aide à domicile bien avant l'échéance prévue.

La deuxième porte sur le niveau de risque acceptable. À la retraite, la préservation du capital et la capacité à mobiliser rapidement son argent deviennent souvent des priorités.

Enfin, la question de l'accessibilité mérite d'être posée. Les ménages disposant de revenus modestes ou d'une faible épargne retraite pourraient avoir des difficultés à immobiliser une partie de leur patrimoine pendant une décennie supplémentaire.

Le PED ne saurait donc remplacer les dispositifs de solidarité existants, notamment l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), ni les solutions d'épargne plus liquides.

Il pourrait davantage s'inscrire dans une stratégie patrimoniale globale, associant épargne de précaution, assurance-vie, préparation de la retraite et anticipation des besoins futurs.

 

#Guide

Téléchargez gratuitement
Notre guide per

 

Quand le Plan épargne dépendance pourrait-il entrer en vigueur ?

Au 28 octobre 2026, le Plan épargne dépendance n'existe pas encore en tant que produit commercialisable.

Il s'agit d'une proposition issue d'un rapport remis au Premier ministre, et non d'une réforme définitivement adoptée.

Olivia Grégoire a également annoncé son intention de porter cette initiative devant le Parlement. Une éventuelle création nécessiterait donc un cadre législatif précisant les conditions d'ouverture, les règles fiscales, les supports éligibles et les modalités de sortie.

Aucune date officielle d'entrée en vigueur n'est annoncée.

Les détenteurs d'un PER ne sont donc concernés par aucun changement immédiat et ne peuvent pas, à ce jour, transférer leur épargne vers ce nouveau dispositif.

 

Prendre un rendez-vous

 

En bref : un nouveau chapitre pour l'épargne retraite ?

Avec le Plan épargne dépendance, la réflexion sur l'épargne retraite pourrait s'étendre à une nouvelle étape de la vie : le financement des besoins liés au grand âge.

En permettant de prolonger l'investissement après la retraite, ce dispositif chercherait à concilier deux objectifs : protéger financièrement les épargnants contre une éventuelle perte d'autonomie et soutenir le financement des PME françaises.

Mais la fiscalité, la liquidité et la protection du capital seront déterminantes pour évaluer son intérêt réel.

Pour l'heure, le PED reste une piste de réforme. Il rappelle néanmoins un enjeu essentiel de la gestion de patrimoine : préparer sa retraite ne consiste pas seulement à anticiper la baisse de ses revenus, mais aussi à prévoir l'évolution de ses besoins financiers tout au long de la vie.

 

Aucun investissement n’est garanti sans risques. Chaque investissement comporte des risques spécifiques (fluctuations des marchés financiers, risque de change, risque de liquidité, risque de perte en capital partielle ou totale, risques liés au marché immobilier – liste non exhaustive).
Chaque investissement a une durée de détention recommandée ; l’attention de l’investisseur est attirée sur le fait de bien vérifier l’adéquation de cette durée avec ses objectifs et sa situation.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement. Les avantages fiscaux ne doivent pas constituer la seule motivation d’un investissement.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Article publié le 28 Octobre 2026
Plan épargne dépendance : ce nouveau placement pourrait-il compléter le PER ?
5 min. de lecture Lire l'article
PER et expatriés : le guide fiscal des non-résidents
4 min. de lecture Lire l'article
PER individuel : comment ça marche et pour qui ?
4 min. de lecture Lire l'article
PER : optimiser sa retraite sans bloquer son épargne inutilement
3 min. de lecture Lire l'article
PER : 6 conseils pour optimiser vraiment votre fiscalité et payer moins d'impôts
3 min. de lecture Lire l'article